|
|
| |
Le management de l'innovation |
L'exemple de l'industrie automobile.
Par Frank Vermeulen.
Afin de demeurer compétitives sur un marché où la
concurrence est désormais mondiale, les entreprises du
secteur automobile s’efforcent de réduire les coûts
de manière draconienne. Cependant, la course à la
compétitivité par la seule réduction des
coûts, les restructurations, le « reengineering » et
autres cures d’amaigrissement, est-elle viable à long
terme ? Plusieurs raisons permettent d’en douter. En premier
lieu, les rendements des stratégies de domination par les
coûts sont décroissants; plus la traque aux coûts
cachés progresse, plus les gisements d’économies
s’amenuisent. Ensuite, parce que, sur un champ de bataille
planétaire, il se trouvera toujours une entreprise pour produire
moins cher afin de conquérir le marché. La
réduction des coûts est une condition nécessaire
mais non suffisante pour rester compétitif.
Pour prendre le virage du XXIème siècle et rester
compétitives à long terme, certaines entreprises
s’engagent dans des stratégies d’innovation
offensives. Les définitions du mot innovation sont aussi
nombreuses que les auteurs qui en ont traité.
Littéralement, innover signifie introduire - « in »
- dans ce qui existe, quelque nouveauté - « novus ».
On n’innove pas à partir de rien !
> Le besoin d’innover dans les entreprises du secteur de l’automobile
Concrètement, comme dans toutes les entreprises industrielles et
de services, l’innovation dans l’industrie automobile peut
prendre de nombreuses formes différentes :
- faire moins cher mais aussi faire mieux
- faire autre chose
- faire différemment
- faire plus vite
- faire ensemble autrement
> Les quatre approches du management de l’innovation
L’analyse de l’évolution d’industries
centenaires comme l’automobile permet de distinguer quatre
approches de l’innovation dont les frontières sont
néanmoins plus floues qu’il n’y paraît en
théorie. En effet, pour satisfaire leurs multiples besoins
d’innovation, les entreprises s’appuient
généralement sur : (1) la dynamique entrepreneuriale, (2)
les approches mécanistes, (3) l’ingénierie
concourante et (4) l’innovation en partenariat. Définie
comme un processus de résolution de problèmes,
l’innovation nécessite à différents
degrés et selon les circonstances : un entrepreneur pour donner
l’impulsion, une recherche systématique
d’optimisation, un tissu de relations avec des fournisseurs et un
cadre élargi de partenariat.
Si les stratégies opérationnelles peuvent
s’inspirer tour à tour des quatre approches mises en
évidence dans l’industrie automobile, l’innovation
en partenariat semble mieux répondre aux transformations qui
s’imposent aujourd’hui, et qui auront d’autant plus
de chances de voir le jour demain, dès lors où elles
impliqueront très en amont tous les acteurs du changement.
|
|
|